EAP versus AP : un « E » en plus mais…. des AP en moins


Les académies ont été destinataires d’une dotation en emplois d’avenir professeur. Ces contrats de droit privé s’adressent à des étudiants boursiers qui effectueront une quotité horaire de 12 heures dont 9 ou10 devant élèves.

Comme pour tout contrat de ce type, il faudra que l’Institution soit très vigilante sur la réalité de la formation qui leur sera proposée, sur l’accompagnement par un tuteur, sur les différents entretiens à mener avec l’étudiant tout au long de sa formation, etc., pour éviter les risques de contentieux, que certaines académies connaissent déjà avec les contrats de droit privé (certaines d’entre elles sont régulièrement condamnées dans le cadre de contentieux liés aux contrats aidés et les sommes cumulées se comptent en millions d’euros !). Il ne peut être question que ces missions reviennent aux personnels de direction. Indépendance et Direction rappelle sa position de refus de tout contrat de droit privé dans l’Education Nationale.

Ce nouveau dispositif des EAP a été imposé aux académies par le ministère dans le cadre d’un budget contraint. Le résultat en est le suivant : pour pouvoir payer les salaires de ces EAP, il faut maintenant licencier les assistants pédagogiques dont la mission n’a pourtant rien de commun avec celle des EAP.

Ainsi, plusieurs centaines d’emplois sont supprimés sur l’ensemble du territoire dans la plus totale opacité, entretenue par le ministère. De façon certaine dans une académie, ce sont 40% des AP qui vont être remerciés au 31 août prochain et les EAP ne seront pas forcément implantés dans les établissements où il y a des suppressions d’AP. Dans d’autres, ce sont des postes d’AED qui sont supprimés !

Pire encore est la méthode employée : peu ou pas de groupes de travail dans les académies, rien en CTA, un simple appel téléphonique suivi d’un courrier au chef d’établissement pour l’informer qu’il perd jusqu’à 50% des AP l’an prochain, puis un courrier personnalisé pour chaque AP désigné par le rectorat dont le contrat s’arrête brutalement. Charge au chef d’établissement de s’arranger avec les personnels concernés et la salle des professeurs pour faire passer la pilule !

Indépendance et Direction a toujours été favorable au principe d’un dispositif d’emplois favorisant les boursiers et permettant d’améliorer le recrutement des professeurs. Celui-ci n’est en fait qu’une opération déguisée de redéploiement entraînant des suppressions de postes bien loin des nobles ambitions affichées par le ministre dans les médias.

Ces décisions brutales de suppression d’emplois plongent les établissements dans de nouvelles difficultés. Elles peuvent les contraindre à envisager de réorienter les missions des EAP vers des missions de vie scolaire. Rappelons que la philosophie initiale des deux dispositifs est pourtant totalement différente : les AP et AED sont des contrats au service du fonctionnement des établissements. Les EAP sont des contrats au service des futurs enseignants qui mobilisent les établissements.

Le Secrétariat Général