L’avenir de notre métier : Edito de novembre


Le métier de chef d’établissement a-t-il encore un avenir ? Ou veut-on le remettre en cause?

Au moment ou sont engagées les négociations sur la gestion de nos carrières et la définition de la grille de rémunération, il est fondamental d’établir quel est notre métier dans le cadre du Parcours Professionnel Carrières et Rémunérations (PPCR). 

Devons-nous, comme d’aucuns le souhaitent, devenir des directeurs au sein d’une structure où nous ne sommes plus président du CA, nommé en concertation entre la collectivité territoriale et le Rectorat ? Ou bien encore, devons-nous être cantonnés à des rôles d’exécutants dans la mise en œuvre des directives injonctives et prescriptives du ministère, des rectorats ou des inspections académiques ?

Si nous avons vocation à être des « moyens » dans le cadre du Contrat d’Objectif Tripartite pour l’application des politiques territoriales, alors la création d’une classe spéciale pourrait ne profiter qu’à quelques-uns,  pour se  récompenser dans le cadre d’un entre soi, tandis que la refonte en une seule classe suffirait pour le reste du « peuple » des adjoints et petits établissements. Le PPCR serait donc une grande victoire, une avancée aussi grande que l’IF2R et le CET…

C’est pourquoi  un PPCR vraiment négocié doit permettre de détacher enfin les personnels de direction du piège qui se referme sur eux. Nos carrières et nos rémunérations ne doivent pas être regardées par rapport à celles des enseignants que nous ne sommes plus, alors que c’est bien la grille des agrégés qui nous sert de référence, ni limitées par rapport aux inspecteurs (IEN, IA-IPR) qui ne sont pas nos supérieurs hiérarchiques. Elles doivent bien être définies en fonction de la spécificité de nos missions, de nos conditions de travail et de notre cadre d’exercice.

C’est bien ce funeste protocole de 2001 qui nous a conduit à cette situation. Il ne nous a pas permis d’avoir obtenu à ce jour une réelle reconnaissance  du corps des personnels de direction, il a accompagné ce lent processus de désincarnation du métier, dans lequel nos missions et nos conditions de travail n’ont jamais été traitées. Cela a permis tour à tour l’établissement d’une cogestion bien confortable qui musèle toute expression, ou une opposition systématique en cas d’alternance politique qui cadenasse toute possibilité d’adaptation et d’évolution. Il a facilité par ailleurs la prise de pouvoir des collectivités territoriales car il n’y a pas eu d’interlocuteurs à la hauteur ni d’anticipation des conséquences de la décentralisation, et cela aussi du fait d’un syndicat qui se rêve unique, omniprésent et détenteur de la vérité.

ID rappelle à l’occasion du PPCR et dans le cadre du Groupe National  des Personnels de Direction (GNPD) que les personnels de direction ont passé un concours pour exercer un métier qui correspond à un cadre bien défini :

-        Nommé par le ministre, il est le représentant de l’Etat.
-        Il exerce cette mission dans un EPLE doté d’une personnalité morale et juridique.
-        Il est responsable de la sécurité des personnes et des biens.
-        Il préside le Conseil d’Administration.
-        Il met en œuvre la politique éducative et d’enseignement à partir des orientations et programmes nationaux inscrits dans un projet d’établissement dont découle un contrat d’objectifs avec le Rectorat.
-        Une convention régit les modalités des relations entre l’EPLE et  la collectivité territoriale de rattachement concernant notamment les locaux, les personnels et les dotations de fonctionnement.
-        Les personnels de direction sont évalués par l’intermédiaire d’une lettre de mission.
-        Le projet d’établissement ainsi que le contrat d’objectifs font l’objet d’un suivi à partir du rapport annuel et d’un bilan à l’issue de la période établie.
-        Les personnels de direction sont astreints à une mobilité obligatoire, et en regard de cette obligation ils bénéficient d’un logement de fonction imposable (avantage en nature) ; en contrepartie de cet avantage il leur est également  imposé une Nécessité Absolue de Service.
-        Le chef d’établissement évalue les personnels de l’Education nationale, de la collectivité territoriale (autorité fonctionnelle), il gère également les contrats de travail lié à certains recrutements.

Si cela est bien le cadre du métier de personnel de direction, alors le PPCR doit permettre de conserver une attractivité au métier, et de reconnaître la fonction de pilote et de responsable de la politique, de la stratégie et de la gestion des moyens de l’EPLE au sein de l’Education Nationale.

La logique qui doit être étudiée par les ministères concernés est de parvenir à définir un cadre qui soit adapté à notre métier avec ses spécificités. Elle ne doit pas se réduire à une modalité technique prise en étau entre la rémunération des enseignants et celle des inspecteurs. Les uns et les autres n’ ont ni le même métier ni les mêmes obligations et astreintes.

ID demande :

-        La fusion de la 2éme classe et de la 1ére classe en une classe unique, accompagnée d’une mesure qui  permette de ne pas subir une baisse de salaire à l’entrée dans le métier,
-        La définition de taux promus / promouvables  négociés (classe unique, HC, échelon spécial),
-        La définition d’un taux de promotion à la Hors Classe qui permette de valoriser les parcours et de rattraper le retard du corps par rapport aux autres corps d’encadrement,
-        L’examen de la situation des adjoints de 4ème et 5ème catégorie qui perdent de l’argent en devenant chefs de 1ère ou 2ème catégorie,
-        Le maintien de la BI, NBI, IF2R,
-        La redéfinition complète du cadre des logements de fonction, combat depuis de nombreuses années du seul syndicat ID,
-        La rédaction d’une  lettre de mission individuelle pour chaque personnel de direction, et son évaluation par le DASEN.

Malgré la non-adhésion  par FO au principe de PPCR, ID a pu participer en toute indépendance aux travaux, tant pour les enseignants que pour les personnels de direction. Une preuve de plus du fonctionnement démocratique d’une fédération qui respecte le droit à l’expression de chaque syndicat qui la compose.

Le Congrès, être personnel de direction demain ?

Notre Congrès  extraordinaire a de l’avis général permis de réaliser des choix et définir des orientations importantes et stratégiques pour notre syndicat avec une volonté réaffirmée de défendre le métier de personnel de direction. Car c’est bien de l’avenir de notre métier dont il s’agit. Réussir à maintenir un métier à responsabilités  en cohérence avec un vrai statut de cadre supérieur, ou intégrer une grille de la fonction publique et exécuter les taches en tant que simple interlocuteur de l’Etat et de la collectivité territoriale.

L’évolution de nos statuts adoptés lors de ce Congrès précise notre organisation :

-        notre prochain Congrès se déroulera donc en  2019 à la suite des élections professionnelles de 2018 et pour lesquelles nous devons nous engager totalement dès maintenant.

-        La présence d’un délégué départemental dans tous les départements doit nous permettre d’offrir un accompagnement de proximité à tous les collègues à tout moment.

-         La dynamique des bureaux académiques régionaux doit être une réponse à la réorganisation des régions dans le cadre de la réforme territoriale.

Les résolutions adoptées, fruit d’un réel travail d’échanges, de concertation , de divergences puis de consensus, ont permis de dégager des orientations stratégiques sur les deux axes forts que sont nos conditions de travail et nos missions. Je vous invite à les découvrir dans les pages à suivre.

Dans ce contexte, les vendredis de la colère entretiennent notre vigilance et nous permettent de réagir aux différentes situations complexes que notre profession rencontre. Nous souhaitons que ces vendredis puissent trouver une issue, tant dans le cadre du PPCR que dans celui des questions relatives à la sécurité des EPLE.

Rejoignez-nous !

Venez assister à nos instances et adhérez si vous jugez que nous incarnons réellement les services de proximité et la capacité d’intervenir à tous les niveaux dans la défense de vos intérêts.

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